L'action syndicale appelle à la libération de l'ancien Président Lula
Les syndicats belges et internationaux ont exigé la libération immédiate de l'ancien Président du Brésil Lula. Une délégation syndicale a été reçue à l'ambassade du Brésil.
Les syndicats belges et internationaux ont exigé la libération immédiate de l'ancien Président brésilien Luis Iñacio Lula da Silva. Dans une lettre adressée à l'ambassadeur brésilien à Bruxelles, la FGTB, la CSC, la Confédération syndicale internationale et la Confédération européenne des syndicats ont déclaré que la détention arbitraire de Lula constitue une menace pour la démocratie.
De syndicaliste à Président
Lula était le premier Président à ne pas être issu de l'élite brésilienne. Son élection en 2002 a eu lieu dans un Brésil très inégalitaire. Lorsqu’un syndicaliste est devenu président, l'élite brésilienne s’est retrouvée en état de choc. Les médias et les politiciens ont appelé au boycott, proclamant que le pays glisserait économiquement vers l'abîme.
Rien n'était moins vrai. Le Brésil a explosé. Son programme social a permis de réduire les inégalités. La mortalité infantile a diminué et des millions de personnes ont pu sortir de la pauvreté. L’instauration de quotas a également permis à la population noire d’avoir accès à l’université.
Rudy De Leeuw, Président de la FGTB et de la CES explique qu’"il est toujours l'homme politique le plus populaire au Brésil. Avec à cette poursuite judiciaire, ils veulent le faire taire et l'empêcher de se lancer dans un éventuel troisième mandat de Président."
L'affaire a maintenant été portée devant le Conseil des droits humains des Nations Unies. La question est, bien sûr, de savoir si Lula obtiendra un procès équitable. Il est accusé de blanchiment d'argent, mais la preuve n'est pas réelle. En outre, nombre de ses droits ont été violés de manière flagrante.
Car wash
Le 12 juillet 2017, Lula a été reconnu coupable de blanchiment d'argent et de corruption passive. Il a été condamné à près de 13 ans de prison par le juge Sérgio Moro. La grande opération judiciaire lava jato (car wash) qui est en cours depuis 2014 a mis des dizaines de politiciens et d'hommes d'affaires derrière les barreaux, dont Lula. Le scandale a provoqué une tempête politique au Brésil.
L’affaire Lula commence avec un article paru dans un journal du groupe de presse Globo affirmant que lui et sa femme étaient les véritables propriétaires d'un appartement situé sur une plage près de São Paulo (celui-ci aurait été construit selon une transaction immobilière douteuse). Le couple aurait reçu cet appartement en guise de pot-de-vin. C'est en tout cas ce que prétendait l'ancien promoteur du bâtiment. Lula a alors été interrogé mais aucune preuve n'a pu démontrer que l’appartement était le sien. Le promoteur du bâtiment a fini par confirmer que Lula n'avait rien à voir dans cette histoire et a été condamné à 26 ans d'emprisonnement. Mais en 2016, il a soudainement changé sa version des faits, clamant que l’appartement été bien celui du couple Lula. En conséquence, le promoteur a été libéré et Lula emprisonné.
Honnête ?
Beaucoup de syndicats et d'ONG sont convaincus que quelque chose ne tourne pas rond dans cette affaire et que la démocratie s'érode au Brésil. La FGTB doute également que Lula ait bénéficié d'un procès équitable. La manière dont les forces conservatrices ont réussi à faire taire les politiciens de gauche est inquiétante.